Uchronie

Voici pour ceux qui viennent traîner leurs guêtres ici l’intégralité de mon uchronie. Beaucoup passaient sans trouver le début de cette histoire commencée le 30 Août 2010 c’est chose faite ici. Un grand merci à unblog qui efface cette page puisqu’il y a trop de texte. Il va de soi que je la mettrai à jour au fur et à mesure.

Merci de vos lectures et de vos commentaires.

Bien à vous

J’explore ce genre, passionné que je suis par une certaine période de l’histoire, vous le savez depuis quelques temps déjà, je ne veux pas apparaître comme un vil suiveur, vous savez comme je suis attaché à mon originalité. Je ne laisse pas tomber l’histoire que j’ai commencé sur ce blog il y a quelque temps, bien au contraire, mais je ressens le besoin d’écrire ce qui germe depuis quelque temps dans mon esprit. La plupart des uchronies sont le résultat d’un état de fascination pour le IIIe Reich, on le voit souvent vainqueur de la Guerre, le conflit s’éternisant et le Reich restant terre de mystères et de spéculations les plus diverses. Je ne jette pas l’anathème sur ces divers écrits que j’estime énormément, que j’apprécie et que je prends plaisir à lire, au contraire, je voudrais juste explorer une autre voie. J’aime mon pays, et bien entendu j’aurais aimé que les choses se déroulent autrement, que le nom de ma patrie ne se soit pas souillé dans la honte de l’occupation et de la collaboration, bien sûr je le souhaite. Il n’est pas non plus dans mes intentions de revenir sur le passé, il reste gravé dans la pierre. Je n’ai pas la démarche d’un négationniste bien entendu, l’holocauste reste une abomination ultime, la perte de la condition humaine, un cauchemar d’inhumanité. L’objet de cette histoire est avant tout de vous distraire, et pourquoi pas de vous amener à chercher à en savoir plus sur cette période et aussi que l’on n’oublie jamais.
Juin 1936, la France est empêtrée dans une crise financière depuis cinq ans, le Front populaire fait ce qu’il peut mais accorde des libertés aux ouvriers tels les congés payés ou la semaine de quarante heures. Alors que la France se prépare à goûter aux joies des plaisirs nautiques, en Espagne, un autre été se profile.
Le dix-sept juillet, les troupes du général Franco parties du Maroc espagnol se soulèvent contre la république. On arme tardivement les ouvriers et paysans et le pays rentre rapidement dans une guerre civile. La France est frileuse, personne n’ose prendre de décision qui plongerait le pays dans une nouvelle guerre. Au mois d’août, des brigades internationales se forment et partent au secours des républicains qui semblent avoir le dessus militairement. Ils viennent de toute l’Europe, des anglais, des français, des tchèques, des roumains et même des italiens ou des allemands. La France hésite encore.
Ce sont finalement les allemands qui fourniront la réponse. Hitler envoie sa légion condor en Espagne avec force de moyens. Des blindés, des avions modernes et des troupes sont expédiées sur la péninsule ibérique. Les communistes français partie importante de la coalition du Front populaire fait pression sur Blum aidés par certains socialistes et la France se décide à envoyer une aide à l’Espagne. On ne choisit pas l’officier par hasard, Gamlin choisit le colonel de Gaulle, un officier très remuant, et gênant pour les états-majors puisqu’il ne fait que pointer du doigt les carences de l’Armée française depuis une dizaine d’années. On l’envoie en Espagne se faire un peu oublier avec une promotion en prime puisqu’on lui offre ses étoiles. Il sera épaulé par Malraux, colonel de réserve de l’Armée de l’Air qui prendra le commandement de l’escadron composé d’une quarantaine de MS-406 et d’une vingtaine de Potez 540 dont on espère bien qu’ils vont faire leurs preuves au combat. Le contingent embarque cinquante chars B1 fleuron de l’industrie blindée française. En tout dix mille hommes, infanterie, logistique et maintenance inclus.
Le trois septembre 1936, le contingent français franchit les Pyrénées et atteint Barcelone. Ils se mettent à l’action dans les jours qui suivent et les premiers engagements sont loin d’être à la hauteur des espérances. Les Ms-406 s’en sortent difficilement même s’ils sont plus rapides que les Henkel He-50 de la légion Condor. Les chars B1 dépourvus de radio, lents, à l’armement obsolète, se révèlent très inférieurs aux Panzer I des nationalistes. Le front républicain finit par reculer, Madrid est assiégée, Barcelone tient toujours. Les troupes françaises apportent grande aise aux républicains mal équipés et le front se stabilise, les français aidés par des Polikarpov russes pilotés par des internationaux reprennent l’initiative et toute la Catalogne et l’Aragon sont libérés. Le commandant de Hauteclocque se distingue par exemple dans la conquête de Pampelune avec ses B1 qu’il allège de leur 75 pour les rendre plus légers et plus rapides. Les combats sont violents pour la conquête de la Navarre et les Potez bombardent les Panzer à moins de cent mètres sol avec des bombes à retardement qui font mouche. Les Morane abattent les Ju-52 chargés de troupes allemandes et de ravitaillement lors du siège de Valladolid en Castille et empêchent les renforts de défaire les chars de de Hauteclocque promu lieutenant-colonel.
Mais la majeure partie du pays est entre les mains fascistes. De Gaulle envoie mémo sur mémo, rapport sur rapport concernant les carences évidentes de notre matériel, à commencer par la tenue, les bandes molletières, les fusils, tout est en retard d’une guerre. Les Potez bien que remarquablement conçus (grande facilité de maintenance, facile à piloter, encaisse bien les dommages, réservoirs auto-obturant, instrumentation très complète et les membres d’équipage peuvent communiquer aisément) sont lents, vulnérables à la Flak et aux chasseurs parce que peu manœuvrant, leurs moteurs n’autorisent que très peu  le vol monomoteur et sont peu fiables. Les Ms-406 se révèleront très inférieurs aux Bf-109 et il faudra tout le talent des pilotes français pour que l’hécatombe soit évitée. Les français dépourvus de tout armement antichar digne de ce nom à part les vieux 75 modèle 1897 qui se révèle efficace contre le Panzer I à distance moyenne mais les servants paieront un lourd tribut aux stukas et aux Fiat. Le général de Gaulle se révèle un grand officier et dirige de main de maître ses hommes et le front tient jusqu’à l’été 1937. Il demande un débarquement de troupes en Galice, Béthouard était volontaire avec ses légionnaires mais Paris refuse toute aide supplémentaire.
Madrid tient bon, les régiments français aidés des brigades internationales tiennent tête aux fascistes de Franco aidés par les allemands. Les Fiat et les Henkel font un carton dans les formations de B1 français qui se défendent difficilement faute de DCA. Les Morane et les Polikarpov tiennent tête aux Messerschmitt venus en nombre d’Allemagne mais leur infériorité technique est évidente, les I-16 et I-15 s’en sortent par leur agilité. La maigre artillerie française ne peut ralentir les blindés, elle est sous la menace des avions fascistes.
Septembre 1937, la France décide du retrait de ses troupes, il est devenu évident que rien ne pourrait empêcher une victoire des nationalistes sauf un engagement complet de l’Armée ce à quoi ni les états-majors ni l’opinion n’est préparé. Madrid est laissée à son sort.
De Gaulle quitte le service et devient conseiller de l’entreprise Somua qui mettait alors en production le S35. Il est aussi élu député de la Haute-Marne. Le général devient professeur et anime de conférences à l’Ecole de Guerre prônant le type de guerre qu’il défend depuis toujours.
Dans les états-majors, on tire les leçons de l’Espagne. Les programmes B1/B1bis sont stoppés de même que le MS-406. On encourage d’avantage les chasseurs D-520 dont les premiers vols se sont montrés très prometteurs et le prototype D-550 sort des ateliers Dewoitine. Chez Gnome et Rhône, c’est la course à la puissance, on sort le premier très prometteur hispano 14R de mille cinq cents chevaux. Les fantassins français quittent leur capote, leurs bandes molletières pour de vraies chaussures en cuir montantes et des habits mieux adaptés, on étudie l’achat de fusils mitrailleurs Thompson américains produits en France sous licence ou la production du MAS 38, fusil semi-automatique de calibre 7.5. Ça sera finalement les deux et le MAS 36 est abandonné. Les Somua S35 équipés de radio et les nouveaux S36 à tourelle biplace sortent des ateliers et se révèlent bien supérieurs aux B1. Renault produit pour Somua des moteurs diesel de quatre cents chevaux fiables et moins bruyants que les six cylindres des B1. On adopte les D2 comme blindés légers en les équipant de radio et de moteurs diesel plus puissants. Des chantiers navals, on met à l’eau le Richelieu, le premier d’une série de dix cuirassés commandés par la Marine. On réfléchit aussi à une vraie DCA leur manque a été terrible en Espagne. Des programmes ambitieux tels que les Breguet 693 et les Potez 633 en sont au stade de présérie avec les nouveaux moteurs Gnome et Rhône 14N de mille chevaux en attendant les 14R. L’imminence d’une guerre avec le Reich se précise et le terrain d’Espagne a montré que la France serait battue.
Pendant deux ans, le gouvernement du front populaire encourage les programmes modernes d’armement soutenu par le député de Gaulle, président de la commission de la guerre à l’Assemblée. Avril 1938, empêtré dans des campagnes calomnieuses, par la situation économique qui ne s’améliore pas vraiment, le gouvernement de Blum démissionne en bloc et le Radical Daladier qui entend remettre la France au travail prend la suite. Il prend ses fonctions le dix avril 1938.
Trente septembre 1938, Daladier revient de Munich où il vient avec Chamberlain sous le couvert de Mussolini de céder une fois de plus à Hitler. Les pauvres Sudètes, porteurs d’une minorité germanophone au sentiment pro-allemand bien exalté par les nazis locaux viennent d’être séparés de la Tchécoslovaquie que les puissances s’étaient juré de protéger. Elles suivent et soignent leur électorat, ces pauvres français et ces anglais qui ne veulent à aucun prix d’une nouvelle guerre. Eux aspirent à une paix désarmée, Chamberlain rêve même d’une conférence sur un désarmement général pour mai 1940. La France pousse un lâche soupir de soulagement, l’Angleterre veut croire en ce Sir Hitler qu’elle craint autant qu’elle considère. Dans l’avion qui le reconduit en France, Daladier est songeur, Hitler a fait des promesses, celle de s’arrêter là, les Sudètes seraient son dernier désir en Europe centrale. Cherche-t-il à se voiler la face ? Ne voit-il pas qu’il est cerné, acculé à la guerre ? Non,  il est comme les autres anciens combattants, ces milliers de veuves, ces milliers de blessés d’éclopés, d’invalides, de gueules cassées, ces orphelins qui défilent le 11 novembre chaque année, il est traumatisé, il est pétri de peur que ce carnage ne recommence, affolé d’être celui qui dans l’histoire devra cautionner un nouveau massacre. Il pense aux tranchées, à ses camarades qui tombaient, à ces généraux incapables d’épargner le sang, à cette impasse dans laquelle les armées se sont trouvées pendant quatre longues années. « Et puis, se dit-il, nous avons la Ligne Maginot… ».

Il se laisse bercer plus par la fatigue que par le grondement des deux Gnome et Rhône de l’avion qui le ramène au Bourget. Le trajet est long depuis Munich, le vol a déjà été retardé de dix heures pour des problèmes techniques à Munich, au lieu de partir à dix heures, il est parti le soir, obligeant les pilotes à voler de nuit. « Qu’à cela ne tienne se dit-il, le Bourget peut attendre quelques heures ». Les paysages disparaissent lentement dans la nuit, l’air est glacial dans cette cabine peu chauffée et si peu pressurisée. Soudain, alors qu’il s’attend à survoler les Alpes Suisses, le moteur droit émet des signes de faiblesse « Ça ira jusqu’à Bâle au moins, se disent les pilotes ». Les ratés se répètent, le régime joue à saute-mouton, puis, il cale, purement et simplement. Les pilotes changent de cap pendant que le mécanicien de bord fait son possible pour relancer la bête, les quatorze cylindres se mettent en branle au rythme du démarreur, le moteur est capricieux. Il relance la pompe à injection, gave les cylindres de carburant alors que l’appareil perd doucement de l’altitude vers Bâle. Finalement, le moteur repart, timidement, il reprend du régime, cinq cents, sept cents tours, le mécanicien transpire, il reprend espoir, passé huit  cents tours, il s’emballe, des flammes sortent par les volets mobiles de refroidissement, petites, puis longues, elles lèchent le carénage avec avidité. Au début, personne ne voit rien. Chauvier, le secrétaire de Daladier resté éveillé remarque ça et affolé, il débarque dans la cabine où personne ne se doute de rien. Panique chez le copilote qui bondit vers les sièges passagers, par le hublot, il contemple l’aile droite en proie aux flammes. Daladier dort encore, plus pour longtemps. Le copilote hurle au mécanicien.
-Coupe le droit, immédiatement ! Coupe l’essence Louis.
-Mayday, Mayday, hurle le pilote dans le micro, ici vol Air France MB-220, avons un feu moteur, actuellement à vingt nautiques de Bâle à quinze mille pieds, feu à bord, demandons autorisation immédiate d’atterrissage d’urgence. Mayday, Mayday.
Louis, le mécanicien fait jouer le robinet d’essence, le moteur se coupe, mais c’est sans compter sur les trois cents litres d’essence à cent indices d’octane qui restent dans les réservoirs de voilure qui risquent de s‘enflammer, ce qui finalement se produit. L’avion n’est pas équipé de vide-vite, ni d’extincteur, ni de système de transfert de carburant inexistant à cette époque. Le carburant s’enflamme sous les regards impuissants de Daladier des quelques parlementaires et de l’équipage. Rongé par le feu, le longeron en duralumin se déchire et ploie sous la charge. L’avion se brise en deux sous les cris des passagers, la chute des quatre mille mètres est quasi verticale, l’avion se transformant en torche de feu qui tombe à pic vers les montagnes helvétiques. Après quelques secondes interminables en cabine (mais sont-ils encore vivants ?) l’avion se disloque et s’écrase sur les versants alpins. Pas l’ombre d’un espoir d’un survivant, la chasse Suisse a décollé, leurs MS-406 mettent plus de vingt minutes à survoler la zone du crash, alertés par l’appel au secours de l’équipage. Le constat est sans équivoque après un bref survol, même de nuit, l’appareil est détruit, pas de survivants. Les secours mettent deux heures à rejoindre cette région escarpée, ils ne peuvent que constater alors que le petit jour du trente-et-un septembre 1939 se lève que le Bloch n’est plus qu’une carcasse fumante, les corps aussi. Daladier est mort, tout le monde est mort.
L’annonce fait l’effet d’une douche froide en France. L’Angleterre se réjouit du retour de Chamberlain se pavanant la veille sur le tarmac de Heathrow en brandissant les accords de Munich. Le corps de Daladier est rapatrié en France ainsi que le reste des passagers et de l’équipage. Après quelques jours de tractations, Paul Reynaud est élu président du conseil. Les obsèques de Daladier accueillent de nombreux chefs d’état même Hitler s’est déplacé saluant un confrère cordial et toujours soucieux de la paix dans le monde. Reynaud convoque alors De Gaulle à Matignon. Ils s’entretiennent pendant des heures et après des négociations marathoniennes De Gaulle accepte le poste de secrétaire d’Etat à la guerre et, a-t-il fait ajouté, à la défense nationale. Sa première tâche est avec Reynaud de révoquer des généraux, Gamlin, Georges, Weygand sont gentiment poussés vers la retraite alors que Giraud est nommé chef d’état-major des armées. De Gaulle s’entretient avec Reynaud longuement, l’imminence d’une guerre est une évidence à laquelle il faut convaincre les français. La ligne Maginot n’est qu’une chimère, les armées françaises sont sous-équipées, en retard d’une guerre. L’urgence est de réarmer le pays. Des crédits exceptionnels sont votés, toutes les régions de France sont littéralement envahies d’usines d’armement qui tournent en trois-huit. La France se met enfin à produire des Dewoitine D-520, des Potez 631, des Léo 451, des Bloch MB 152, des chars, des D2 et des Somua S35 et le tout nouveau B3 de cinquante tonnes avec un canon de 105 est en phase d’essais, des usines produisent des cuirassés de classe Richelieu, des croiseurs de bataille de classe Strasbourg et nos deux premiers porte-avions dans les chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire et au Havre. On s’arme. On règle le problème du chômage en employant massivement. Le général donne des audiences à l’école de Guerre, prônant une guerre de mouvement, basée sur l’utilisation de chars, soutenus par une aviation d’assaut. Le colonel de Hautecloque devient commandant du premier corps cuirassé. En janvier 1939, la France dispose de deux divisions blindées, mais l’effort est permanent. On programme régulièrement des exercices interarmes, on convie de plus en plus l’Armée de l’Air. Mais une idée de de Gaulle lui tient à cœur, l’armée de métier. Ça sera son projet pour les années 1941-1942, si tant est que le Reich patiente jusqu’à là. Hitler a envahi toute la Tchécoslovaquie et l’on sait qu’il ne mettra pas des années avant d’attaquer la pauvre Pologne pour son charbon et surtout par la mégalomanie d’Hitler.
Depuis presque un an, le gouvernement Reynaud tient bon, mais les parlementaires ne  lui font pas confiance. Dans un contexte troublé, les députés choisissent de Gaulle comme président du Conseil. Sa coalition de droite avec les radicaux intensifient les efforts portés sur les carences de l’industrie française. Le usines ne sont plus uniquement placées dans le nord-est qui a été occupé pendant les quatre années de guerre mais les autres régions reçoivent aussi des industries  leur sein. On procède aux dernières nationalisations, sont concernés notamment les fabricants de moteurs. On a aussi l’intention d’ouvrir des usines dans les colonies. L’Algérie semble une évidence puisqu’elle accueille déjà les centres de recherche mais aussi l’Indochine. Les intentions ne sont pas belliqueuses, mais le chômage est résorbé, l’économie repart et on envisage la menace allemande sérieusement depuis que les anglais ont réussi à décrypter Enigma. Les ingénieurs tablent sur des projets nouveaux, sur un nouveau type de moteur mieux abouti que le moteur Caproni que des espions ont pu apercevoir il y a quelques mois, sur la détection électromagnétique en collaboration avec les anglais.
Le premier septembre 1939, les bâtiments de la Kriegsmarine tirent les premiers obus de la seconde guerre mondiale sur Danzig. Le deux, les alliés Britanniques et Français posent un ultimatum au Reich. Sans réponse de leur part le trois, nous déclarons la guerre à l’Allemagne.
Le Président du Conseil de Gaulle est liaison permanente avec Giraud. Il somme de prendre l’initiative. Giraud partage son avis et Huntziger chef de la deuxième Armée comprenant deux divisions blindées se lance sur la Sarre. Les allemands sont totalement surpris, les quelques divisions qu’ils avaient laissé en Rhénanie sont submergées par le fer de lance blindé français. En même temps, le corps expéditionnaire français est envoyé en Norvège pour prendre Narvik, là où transite le fer suédois pour l’effort de guerre Allemand. Après de rudes combats qui feront cinq mille morts chez les français et huit mille chez les Allemands. Le général Béthouard, chef du dispositif français en Norvège prend même l’audace d’envoyer un télégramme à Hitler. « Du commandant français à Narvik à Adolf Hitler à Berlin, temps merveilleux stop ville prise stop attendons renforts allemands stop ». Les Allemands font volte-face quand la première division blindée du général de Hautecloque atteint Remagen sur le Rhin le douze décembre. D’urgence les divisions sont rappelées de Pologne, la ligne Siegfried n’est qu’un lointain souvenir pour les forces françaises. L’hiver met un frein à toute tentative d’attaque, même les chasseurs alpins éprouvent toutes les difficultés du monde à de mouvoir, quant à la traversée du Rhin on n’ose s’y risquer puisqu’il est gelé. Les armées Françaises et allemandes se regardent en chien de faïence par moins trente degrés. Les soldats font ce qu’ils peuvent dans cet enfer blanc, les avions volent à peine tant les vents sont violents.
Le dix-huit mars, Goering lance trois cents Heinkel He-111 escortés par six cents Bf-109 pour bombarder Strasbourg. Les D-520 et même les antiques MS-410 de l’Armée de l’Air interceptent les légions aériennes au-dessus du Rhin, cinquante bimoteurs allemands et trente chasseurs sont abattus au prix de vint pertes chez les français. En Afrique du nord, des centaines d’élèves-pilotes s’entrainent sans relâche à l’abri des raids, à l’abri de la chasse allemande. La Ruhr est aux mains des anglais et des canadiens et leurs immenses usines capturées presque intactes pendant la débâcle allemande. Les Ju-88 seuls conservent une chance face aux Bloch MB-155, Bloch MB-157 et D-550.  Les bombardiers anglais pilonnent de nuit les usines allemandes, l’Armée de l’Air manque cruellement de bombardiers lourds dignes de ce nom, mais les programmes avancent vaillamment. Pour l’instant l’aviation française se contente d’excellents avions d’assaut comme les Breguet 693 et 698 remotorisés avec des Gnome et Rhône 14R et les Potez 633. Les français développent aussi le Hs-500 canon de 30mm d’aviation à 600 coups minute et à forte vitesse initiale. Les premiers doivent être montés sur les D-550 dès le printemps 1940. Les ingénieurs français travaillent sur le MS-500 avion prototype à moteur à réaction. Les premiers essais portent sur l’ATAR réacteur à compresseur axial d’une poussée d’une tonne et demie. Il s’agit d’une cellule de MS-410 modifiée en banc d’essai volant. Il sera armé de deux canons Hs-500 de 30mm et de deux Hs-405 de 20mm. Les alliés exercent aussi un important blocus des ports allemands, bombardant les chantiers navals de la mer baltique et ceux de la mer du nord, les U-boot sont chassés par les avions de la RAF, bombardés par les français dans leurs ports et traqués par les deux marines en haute mer.
Du côté de l’état-major allemand, Hitler est en disgrâce, Guderian est tenu en échec sur le Rhin à la frontière Néerlandais par les blindés français et leur artillerie, les Ju-52 chargés de paras se sont fait massacrer par les Bloch et les Dewoitine, les Messerschmitt se font descendre, les  versions Emil sont bien moins maniables que les avions français et que les Spitfire anglais, les Bf-110 se révèlent bien vulnérables face aux monomoteurs. La grande opération tentée le quatorze mars pour franchir le Rhin à Remagen par des largages de paras et un passage en force du pont de chemin de fer par les blindés de Von Bock s’est soldé par un échec, les stukas chargés de faire taire l’artillerie française ont été abattus par la chasse française et par les désormais célèbres cornemuses de la DCA française. Il s’agit d’une arme mise au point par l’ingénieur Bertin deux affûts du Hs-500 de 30mm jumelés et dont le tir est corrigé par un viseur spécial. La DCA française comprend des affûts quadruples de 7.5mm à tir rapide (1500 coups/minute par arme), des affûts doubles de 30mm, des affûts simples de 47mm et de la DCA lourde de 75mm en cours de remplacement par des 105 à tir rapide. Hitler a lancé vingt divisions sur un front de vingt kilomètres dans la région de Düsseldorf, pour conquérir une tête de pont sur le Rhin. L’armée allemande est tiraillée par les alliés à l’ouest et par le corps expéditionnaire de De Lattre, envoyé en Pologne pour prendre la Wehrmacht entre deux feux, à l’est. Des pourparlers de paix s’engagent déjà par l’entremise du Vatican, mais le dix avril, Hitler met un terme brutal à tout cela. Il désavoue Hess occupé à Rome avec le général Georges sorti de sa retraite pour se charger de cette affaire. Pour conjurer le mauvais sort, Hitler se proclame chef des armées et limoge des dizaines de généraux, en particulier ceux qui discutent ses ordres. Le Führer déteste les généraux qu’il tient responsables de l’échec de l’opération Citadelle sensée reprendre le Rhin. Chez les Alliés, on ne le sait pas encore, mais dans sa folie, il déporte des centaines d’opposants, des milliers de communistes et tous ceux qui sont soupçonnés de quoi que ce soit l’antinazi. Lui qui avait dit à propos de l’attaque de la Pologne “je vaincrai ou je tomberai” a menti, il s’est accroché au pouvoir et déchaîne sa haine de manière frénétique.
L’offensive de Düsseldorf s’essouffle vite et Hitler envoie Keitel à travers les Pays-Bas, restés neutres pour prendre l’Armée Française de revers. En quelques heures, il envahit à la fois le Danemark neutre lui aussi et les Pays-Bas. Submergés par la Blitzkrieg qui prouve chez des adversaires faibles un écho de terreur, les néerlandais fuient les combats et l gouvernement émigre à Paris. D’urgence, les troupes sont ramenées de Norvège pour débarquer au Danemark, laissant à la Marine le soin de bloquer les ports norvégiens. Les anglais de Montgomery affrontent les allemands à Rotterdam bombardée par surprise par les Ju-88. Les chars allemands s’enfoncent jusqu’à la frontière Belge et atteignent Maastricht le vingt juillet. C’est l’opportunité que choisissent Juin et Béthouard pour attaquer, la Légion étrangère mène avec les maigres forces danoises rescapées une attaque vers le sud. Juin déclenche une offensive vers l’ouest depuis la Pologne, envahit la Prusse orientale et libère Danzig le quinze août. La troisième escadre de chasse du colonel Rozanoff et la deuxième escadre de chasse avec son groupe anti-char armé de Breguet 698 bombardiers en piqué et Breguet 699 armés du canon de quarante-sept millimètres massacrent les blindés de Guderian dans les plaines Néerlandaises, Von Paulus est défait à Maastricht et la Wehrmacht recule à nouveau sur le Rhin en octobre. Son alliée de facto, l’URSS ne bouge pas, elle s’est contentée d’avancer en Pologne et livre toujours des trains de blé, de minerai de fer et de pétrole pour les industries nazies. L’hiver approche, rigoureux comme le précédent, Hitler a perdu beaucoup d’hommes, le matériel est fatigué, les pilotes expérimentés manquent, Peenemünde, le fameux centre de recherches secrètes sur la Baltique a été pris par les légionnaires du premier régiment étranger d’infanterie. La France reprend espoir dans une victoire possible, Berlin n’est pas si loin pour les troupes de Juin qui atteignent l’Oder le premier novembre. Hitler va user de son arme la plus facile, ses talents de diplomate envahisseur. Le premier décembre, les troupes allemandes envahissent la Roumanie, le douze, la Hongrie et la Bulgarie demandent le protectorat du Reich, le treize, l’Italie, muette depuis sa défaite de juin 1940 dans les Alpes quand Hitler avait pressé Mussolini d’ouvrir un second front et tenter de récupérer l’initiative, attaque les Balkans et de jette sur la pauvre Yougoslavie avec le concours des troupes roumaines et hongroises soutenues par les allemands. L’hiver rend la campagne difficile et la conquête de ces monts enneigés difficile tant les partisans du général Tito harcèlent la Wehrmacht et les italiens dans leurs lignes arrière. Le premier mars 1941, la Yougoslavie se rend et Mussolini a des vues sur l’Albanie et sur Athènes.

Le coup de poignard dans le dos viendra finalement de Staline. Le douze janvier 1941, il envoie un demi-million d’hommes envahir la pauvre Finlande. Les finlandais demandent l’aide des alliés. Béthouard réembarque ses légionnaires, ses chasseurs alpins et débarque le cinq février à Narvik pour redescendre toute la Finlande, les ports de la Baltique sont gelés. Est créée la légion Lapone, cent avions de chasse et cinquante bombardiers envoyés sous le commandement du colonel de la Poype pour aider les Finlandais débordés avec leurs antiques Hurricane MkI, leurs MS-406 dépassés, leurs Buffalo, leurs Blenheim lents et vulnérables et leur manque total de blindés. Fin février, les Somua S36 et les Renault B3 affrontent les T-34 de Joukov dans les plaines de Carélie enneigées. Le grand danger est que de facto l’URSS et les Alliés se retrouvent en guerre, il se pourrait alors que les cent cinquante divisions russes à la frontière polonaise ne déferlent sur les douze divisions de Juin. Après d’âpres négociations avec les soviétiques, la paix est signée le sept avril 1941 entre la Finlande et l’URSS.
Les Allemands sont cependant toujours maîtres de l’Europe centrale et les gouvernements tchèques et polonais en exil exhortent les alliés de passer à l’offensive. Le dix avril, Goering lance trois cents Ju-88 et deux cents He-111 pour bombarder simultanément Colmar, Strasbourg et Mulhouse et tenter de franchir le Rhin en Alsace. Ils bombardent Kaiserslautern le onze, Coblence le douze. La Luftwaffe semble reprendre du poil de la bête. On voit arriver des nouveaux chasseurs, le FW-190 A2 fait son apparition ainsi que le BF-109F2, de la même trempe que les chasseurs alliés. Les Dewoitine commencent à avoir la partie dure d’autant que le FW est bien supérieur même au maniable Spitfire MKV. Les allemands tentent une percée avec sept divisions à Mannheim. Les troupes blindées de de Hauteclocque se lancent sur Francfort et traversent le Rhin. La tête de pont est prise et reprise jusqu’à douze fois avant que les tirailleurs sénégalais et marocains ne prennent pied définitivement sur la rive droite du fleuve. Le trois juin, vingt divisions dont cinq blindées passent le Rhin et prennent Rommel à revers, De Lattre franchit le fleuve à Remagen malgré les efforts désespérés de l’artillerie allemande pour détruire le pont. Les Amiot 200 lâchent avec les Lancaster et les Halifax de « bomber » Harris des tonnes de bombes sur Berlin. Juin quant à lui, finit avec l’aide de la Royal Navy de liquider les dernières poches en Poméranie et de détruire les ports d’attache des U-boot. Dans le ciel, les Bloch MB-160 équipés du nouveau moteur en étoile de dix-huit cylindres turbocompressé de mille huit cent chevaux et de deux canons de trente millimètres tient la dragée haute aux Focke-Wulf. Les Dewoitine D-570, avec le moteur Rolls-Royce Merlin XIX développé spécialement pour nous (les moteurs français tournent dans le sens inverse des moteurs anglais) atteint presque sept cents kilomètres par heure et son canon de trente millimètres dans l’axe de l’hélice couplé aux canons de vingt millimètres de voilure luttent pied à pied avec les Messerschmitt. Berthier, commandant de la dixième Armée dans les Alpes attaque les italiens en plein dans la montagne, réussit l’exploit de passer des blindés par les cols de l’Izoard, du Galibier et franchit les Alpes pour entrer en Lombardie. Le vingt-deux juillet, les anglais débarquent à Gênes, après que les Fairey Swordfish antédiluviens aient détruit la flotte italienne à Trieste. De violents combats opposent les Spitfire de Malte et les Macci dans le sud de la botte tandis que les Arsenal VG-33 et VG-35 de la Marine affrontent les Fiat dans le Nord. Après un mois de combats, Gènes est prise par les anglais au prix de lourdes pertes des deux côtés. D’Autriche, des troupes descendent pour tenter d’empêcher les troupes françaises et les troupes anglaises d’effectuer leur jonction. Les chasseurs alpins s’opposent durement aux tyroliens et aux Waffen SS dans les Alpes. L’issue est incertaine tant la bataille fait plus de morts par les éboulements et les avalanches que par les combats.
Berthier est dans une situation délicate. Le salut viendra le quatre octobre du général Bellâtre commandant la XIIème Armée. Il lance douze mille parachutistes et des blindés légers par planeurs derrière le Rhin à Bonn. Von Manstein rapatrie ses SS des Alpes laissant les sapeurs et les tyroliens mener une guerre de guérilla contre les français. Les combats sont violents, les blindés s’affrontent difficilement dans ces rues étroites, l’aviation a du mal à pencher efficacement dans la balance, chaque bâtiment détruit se transformant en une succession de tas de ruines qu’il faut prendre les uns après les autres. Les anglais tirent parti du canon Hispano de vingt millimètres utilisé en tir sol-sol. Les français commencent à tirer les limites des MAS 36 alors que leurs adversaires sont équipés de MG-40 maniables à grande cadence de tir. Après deux mois de combats de rue et la quasi destruction de la ville par les deux artilleries, le drapeau français flotte au sommet de ce qu’il reste de la cathédrale. La ville de Beethoven est entre les mains françaises et alors que le Rhin commence à geler et que le génie français consolide les deux ponts encore intacts de la ville, des divisions françaises franchissent le fleuve, prochaine étape, l’Elbe.
L’hiver arrivait encore, rigoureux encore une fois, pas de repos pour les troupes, le sept décembre 1941, les japonais attaquent Pearl Harbour et les colonies françaises et britanniques en Extrême-Orient. Les troupes coloniales du général Gallieni sont envoyées d’urgence avec la flotte B anglaise et la flotte A française pour défendre l’Indochine et chasser les japonais du continent, chose que l’on n’avait pas  jugé utile avant. En Janvier 1942, les troupes britanniques débarquent à Manille, occupée par les japonais, les français débarquent à Saigon survolée par les Zéros et les Betty. Les Arsenal VG-35 embarqués sur les porte-avions Clémenceau et Jean-Jaurès fraichement sortis des arsenaux français eurent fort à faire avec les chasseurs agiles et rapides que sont les A6M3. Les Américains, surpris dans leurs possessions de Manille tiennent bon mais sont au bord de la rupture. Déjà des négociations se lancent entre Staline et les Alliés pour leur prêter main forte en attaquant les japonais en Mandchourie. La flotte américaine paraît avoir subi de sérieux dégâts et ne semble pas en mesure d’épauler les Alliés. Alors qu’Hitler déclare la guerre à une Amérique farouchement isolationniste, les porte-avions Hornet et Lexington restés en mer pendant le raid sur Pearl Harbour forcent la vapeur pour protéger Midway. Des Indes britanniques des troupes tentent de traverser l’immensité du territoire chinois pour rallier Myitkyina en Birmanie par avion. Les capacités des Lancaster convertis en transporteur sont limitées, les avions de transport Languedoc Français, dérivés du bombardier Amiot 304 ne sont guère supérieures et il faut dépenser quatre litres d’essence pour en ramener un en Birmanie. Les troupes n’arrivent qu’au compte-goutte, à peine deux cents par jour malgré les rotations permanentes pour acheminer vivres, munitions et matériel. Les Spitfire arrivent en caisse depuis l’Inde et sont montés en Birmanie pour épauler les Seafire et les VG-35 des deux Marines. Les Américains attaquent dans les Aléoutiennes pour tenter de se rapprocher du Japon Septentrional alors que l’Australie lutte en Guinée. La Jungle est la plus dense du monde, les soldats des deux camps souffrent de dysenterie, du typhus, du paludisme pataugent dans cet enfer vert où chaque bruit est suspect. Les Zéros semblent maîtres du ciel de par leur nombre mais les aviateurs tiennent bon. Les Néo-Zélandais et les Australiens harcèlent les convois impériaux chargés de ravitailler les troupes en Guinée. Est créée la première escadre de chasse coloniale, rassemblant les colons français et les indigènes aptes au pilotage, depuis six mois, ils s’entraînent à Mers-El-Kébir et enfin, ils sont prêts à en découdre, transportés depuis l’Afrique du Nord en bateau avec les tout derniers Bloch MB-160-3 à viseur automatique fleuron de l’aéronautique française de ce début de 1942. Les Zéros et les Betty, les Val et les Sally fragiles, se montrent très vulnérables au canon de trente millimètres français. Les Zéros s’en tirent par leur agilité mais la DCA française ne pardonne pas. Une escadre de B5N Kate se fait cueillir par l’artillerie anti-aérienne française alors qu’elle tente une attaque sur le porte-avions Clémenceau et pas une torpille ne passe. Les français sont durement éprouvés en Birmanie et doivent reculer alors que la Guinée est évacuée par les japonais. Au mois d’avril, les Américains ayant recouvré leur potentiel et après avoir sauvé Midway en détruisant deux porte-avions japonais lancent l’opération Dolittle. Les dégâts sont minimes mais la chasse nippone est désormais obligée de ponctionner des avions et des pilotes des premières lignes pour défendre les quatre îles. Profitant d’un léger avantage numérique, les Potez de la Marine et les Bréguet des forces coloniales lancent des grandes opérations pour libérer la Birmanie et pousser jusqu’à Hong-Kong. Les américains tentent une lente et délicate reconquête des îles une par une, Guam, Guadalcanal, Wake, laquelle s’avérant dure, éprouvante et coûteuse en hommes, le fanatisme des japonais se révélant digne du Bushido.

2 Réponses à “Uchronie”


  • Deux remarques concernant votre uchronie.

    Construire autant de cuirassés modernes en une décennie est une sacré gageure qu´aucunne nation n˙a réalisé depuis avant 1914.

    Et comment fait les forces francaises pour arriver en Pologne ? La mer Baltique est facile a verrouiller par l´Allemagne.

  • Bonjour, est il possible d’avoir des nouvelles de cette affaire avec  »Lulu » concernant vos écrits ?

    Et surtout, quant le dernier jet modifié sera disponible ? :)

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